Croquis de l'Amérique dominée V. 2

Glandillion, NV.

Les Glandillionites diront à un passant que leur ville est le centre cartographique du Nevada. Votre narrateur n’a pas procédé à l’examen nécessaire pour confirmer ou infirmer l’exactitude de cette affirmation, mais peut indiquer qu’une bonne partie du fonds général de la ville pour 1988 a été consacrée à un monument en granit afin de codifier visuellement la notion.

Située à l’ombre des pluies dans les montagnes Toiyabe, Glandillion était jadis un avant-poste installé sur un itinéraire postal s'étendant de Boise, ID à Yuma, en Arizona.

Le ciel au-dessus du Grand Bassin est dégagé, un baldaquin bleu qui est en quelque sorte plus haut ou plus éloigné que celui des banlieues peuplées. Ce peut être le manque de contraste, ou l'immensité globale de l'endroit. Le sentiment que Glandillion existe en tant que foyer au milieu de la grande étendue occidentale. Un radeau de sauvetage balançant à jamais dans le Pacifique.

Les routes de ville sont composées de deux navires clés et de plusieurs voies et de routes de campagne qui en dérivent. Le maire actuel, Kresten Worthy, vante la croissance récente et évoque un nouveau centre médical dans le comté, inséré dans l’enveloppe d’un bâtiment vacant de parc à bestiaux en fin de siècle. Mme Worthy mesure plus de six pieds de haut et parle avec la langueur de quelqu'un parfaitement à l'aise dans son environnement. En vérité, Mme Worthy est une greffe de la Silicon Valley, ayant fui les bureaux de Yahoo au début du millénaire. Elle a été maire de la ville pendant deux ans et possède un café adjacent au bâtiment municipal. Le maire fait référence à plusieurs habitants par leur nom et mentionne brièvement la profondeur de leur patrimoine dans la ville. Bien qu'elle soit l'une des plus récentes résidantes de Glandillion, le maire Worthy a été bien accueilli et accueilli par la communauté. Son affection pour l'endroit est évidente lorsqu'elle indique une carte du sentier Toiyabe Crest et son plan pour faire une randonnée de plus de soixante-dix kilomètres en une fin d'été. Son comportement est aérien; elle parle avec la facilité de l'acquitté.

Depuis le déclin de son statut d’ancien pôle social au sein de la communauté des éleveurs, Glandillion a connu un afflux de mineurs d’or. Les préoccupations de BHP-Bilton et Barrick Gold LTD. Ont entraîné une stabilité économique et démographique. Mme Worthy signale un chapitre récemment créé de la Société littéraire basque, un club de lecture qui se réunit tous les deux mois dans la bibliothèque municipale. Le club n’est plus exclusif à ceux d’origine basque, bien que le commerce de berger représente encore un quart des membres du club.

Minerva Arcadio Buendia exploite un parc de véhicules hors route situé à 11 km au sud du centre-ville. Son opération est située sur le site de ce qu'elle appelle son parcelle ancestrale, une terre maintenant sous la gestion de BLM. Le protectorat du BLM s’étend sur une distance infinie par rapport à la double largeur qui sert de siège et de bureau de location pour les affaires de Mme Buendia. Mme Buendia me dit que 79 000 acres sont accessibles aux motos, aux quads et à la Honda Three-Wheeler de 1983, qu'elle ne loue plus pour des raisons de responsabilité. Mme Buendia emmène votre narratrice au fond de la double largeur où sa flotte de véhicules à moteur sous-marins de location attend sous une structure en acier préfabriqué. Mme Buendia offre des réductions de groupe et applique un taux local pour les glandillionites. Le soleil est à son apogée, projetant des ombres exactes sur le sol. C’est le printemps tardif et la température se situe autour des 80 degrés. L'Amérique se trouve au-delà des poteaux de clôture décrépits, toujours enveloppés dans les extrémités brisées d'une clôture de barbelés. Une Amérique rarement vue par quiconque, sans parler des banlieusards de la parenthèse côtière.

Le Thirsty Lizard, un salon situé à 4 miles des limites de la ville, fait office de maison de passe mal déguisée (par conception, selon les connaissances locales). À la lumière du jour, un visiteur peut rester un instant convaincu que l'établissement n'est plus qu'un simple trou d'eau à l'écart, très fréquenté par les chauffeurs routiers. La partie salon de la propriété se trouve en tête du parking, lequel est configuré pour les gros appareils de forage. Le bâtiment serait indéfinissable sans la signalisation; Un portrait anthropomorphique du reptile éponyme, dessiné à la main, orné d'un haut-de-forme et pressant un ancien porte-cigarette sur sa bouche reptilienne.

Dans la nuit tombante du soir, cependant, tout prétexte disparaît. Votre narrateur est accompagné par le lézard de Lisa Parker, qui évite le titre de «madame», et est connue de ses clients sous le nom de Coco. Mme Parker est dans la cinquantaine avec une chevelure décolorée de sa blonde naturelle à blanchie par le soleil du désert. Elle vit à Glandillion depuis 28 ans, fille d’une famille d’éleveurs dont le sort s’est effondré à la suite d’une épidémie isolée de fièvre tachetée bovine dans les années 1980.

Mme Parker conduit votre narrateur dans une visite de la grande installation. Lorsque le soleil se couche sur la chaîne Toiyabe, des lumières s’illuminent sur la propriété de Lizard. Derrière le salon se trouvent trois acres de passerelles pavées et de cactus non indigènes. Les allées mènent à plusieurs structures mobiles - des caravanes à une seule largeur qui ont été amenées ici par Mme Parker au début. Chacune est décorée avec un thème différent, dit-elle. Une remorque «Far West», en harmonie avec les environs, une salle «turque» et plusieurs autres avec d’autres aménagements internationaux.

Bien que le salon soit un attrait apparent pour les clients souhaitant participer aux autres services fournis, votre narrateur a l’impression que quiconque se rend à quatre kilomètres de la communauté déjà isolée de Glandillion sait ce pour quoi il veut venir.

En quittant le Soif Lézard puis Glandillion, votre narrateur est frappé par la facilité avec laquelle les habitants de la ville se comportent. Tout air d'angoisse ou de fureur isolationniste dans une petite ville du monde extérieur est soit absent, soit caché. À l'ombre de la plus grande chaîne de montagnes du Nevada, les habitants de Glandillion vivent leur vie avec la confiance de ceux qui aspirent non pas à l'isolement, mais à l'isolation, l'isolation du Grand Bassin, le grand plat ouvert, festonné du continent dans âge depuis longtemps.