La médiatisation d'un tourisme « hors des sentiers battus » dans une édition touristique créative

Pascale Argod

Résumé

L’édition touristique, du guide touristique au documentaire ou “beaux arts”, initie les tendances du tourisme « hors des sentiers battus » qui s’inscrivent dans la quête de personnalisation et d’itinéraires originaux. Le genre éditorial hybride du carnet de voyage, de l’ouvrage au blog, offre une large déclinaison, du guide au livre d’artiste, qui favorise la construction de lieux touristiques à partir du rapport du voyageur au monde et de son expérience vécue. Un corpus de guides touristiques et de carnets de voyage sur Paris et New York étudie le marketing éditorial axé sur l’unique et l’exceptionnel : les caractéristiques d’une édition créative en vue d’une communication de l’authentique et du pittoresque, les destinations et les pratiques touristiques, la diversité des genres dans l’édition en vue d’une personnalisation du voyage. Une typologie en neuf catégories des supports papier et numérique illustre l’hybridation des genres dans l’édition touristique qui ouvre sur une créativité éditoriale.

Mots clés : hybridité de l’édition touristique, guide touristique, carnet de voyage, tourisme expérientiel et créatif, imaginaire touristique

Introduction

Partir hors des sentiers battus, c’est « sortir » de l’espace du tourisme de masse référencé par les guides et les agences pour tendre vers l’exceptionnel, « l’authentique », l’aventure. Il s’agit alors de ne pas « suivre » les itinéraires, les routes tracées, les pèlerinages ou toutes formes de voyage préconçu, préétabli, encadré, dirigé ou guidé. Pour celui qui a l’habitude de « partir ailleurs », il s’agit alors de vouloir singulariser son voyage et sortir de la norme afin de devenir un voyageur aventurier qui découvre le monde et s’offrir la liberté de vagabonder et « d’exister » (hors de soi, singularité, « ex-time »). Apprendre au contact de l’Autre dans une proximité relationnelle exige de vivre son quotidien, qui représente alors un ailleurs, et d’éprouver par les sens afin de raconter son expérience vécue. La quête de l’authenticité dans la pratique touristique, structurée par l’opposition « front stages / back stages » (MacCannell, 1976) permettrait de confronter le voyage au tourisme et le voyageur au touriste (Urbain, 1991, Christin, 2008). Notamment le voyage évoqué par l’artiste voyageur, à travers le carnet de voyage, à celui qui est proposé par le guide touristique. Or, c’est l’usage de ses manuels de voyage qui est à l’origine du tourisme comme voyage prescriptif des sites à voir ou Tours (Bertho-Lavenir, 1999). A cette fin, pendant longtemps le paradoxe de l’édition touristique a été de mettre en exergue des « sentiers rebattus », à travers notamment les guides touristiques, en favorisant le tourisme de masse promue par l’industrie touristique, alors que la communication marketing tend à promouvoir un tourisme d’exception, sensitif et sensible en dehors des circuits ou des itinéraires guidés. L’édition prend donc sa pleine valeur parce qu’elle est précisément un plein lieu commun du tourisme. La médiatisation du tourisme « hors des sentiers battus » découlerait du phénomène « Backpacking » qui repose sur l’attente de l’authentique et du pittoresque autant que d’esthétique et d’exotisme, et engendrerait un tourisme créatif et personnalisé (Argod, 2014) qui favorise la quête d’originalité, d’individualisation et d’expériences à vivre, de pratiques et d’éveil des sens, en somme des pratiques différentes, alternatives et distinctives. Elle serait attachée à un marketing touristique et éditorial orienté vers la découverte de l’Autre et vers la quête initiatique du voyage qui forme et apprend. Mais existe-t-il une “édition touristique” et comment la définir ?

Aujourd’hui celle-ci tend à suivre les tendances du tourisme qui s’inscrivent dans la quête de personnalisation et d’itinéraires originaux. Deux genres éditoriaux renouvellent le désir d’ailleurs : le carnet de voyage et le guide touristique qui influent sur les représentations et véhiculent l’idée d’un tourisme «hors des sentiers battus». En quoi fondent-ils une “édition touristique” ? Quels critères médiatiques et types de médiations avancent-ils ? Le carnet de voyage, comme le guide du routard en son temps, essaie à travers l’édition sur l’ailleurs de proposer une nouvelle forme de voyage, plus authentique. Les hippies vers l’Inde ont introduit une autre vision du tourisme certes, mais aussi du monde et de l’Autre, qui a inspiré la quête d’une nouvelle forme de voyage « sac à dos » que le carnet de voyage envisage et diffuse en ouvrant aussi sur une forme de tourisme alternatif (Butler, 1990). Un marketing touristique et éditorial, orienté vers la découverte de l’Autre, semble en émergence. Aussi, le genre éditorial qui s’hybride du carnet de voyage, de l’ouvrage au blog, offre une large déclinaison de possibles ; du guide au livre d’artiste; celle-ci favorise la construction de lieux touristiques en partant du rapport du voyageur au monde et en narrant l’expérience vécue. A l’heure où les genres s’hybrident et se mêlent de plus en plus, ces innovations éditoriales rendent-elles compte d’innovations touristiques ? Comme elle favoriserait le processus d’identification du lecteur, l’édition du carnet de voyage, par la médiatisation d’images, contribuerait aux attentes d’un tourisme d’exception ou de slow tourism (Fullagar et Markwell, 2012), du moins une offre de tourisme interstitiel (Urbain, 1991). En exerçant sa liberté de son choix et de parcours, en faisant revivre le mythe de la découverte, à travers ses pinceaux et crayons, et en expérimentant des innovations éditoriales, le carnettiste serait alors un voyageur « défricheur » de destinations émergentes et de pratiques éditoriales nouvelles. Comment mobilise-t-il l’image et les arts à travers l’édition et transmet-il un «autre tourisme»? Comment l’hybridité et la créativité de l’édition touristique jouent-elles sur l’envie de voyager autrement et valorisent-elles un tourisme sensitif, sensible, authentique et expérientiel ?

Nous souhaitons expliciter comment le « hors de sentiers battus » géographique (faire découvrir des aspects de la destination prétendument inconnus jusqu’alors) est mis en exergue par un « hors de sentiers battus » éditorial (faire des découvrir des aspects de la destination au moyen d’innovations éditoriales). Aussi, nous étudierons, comme mentionné en annexe, un corpus de guides touristiques et de carnets de voyage sur les deux capitales touristiques emblématiques d’un tourisme créatif et participatif que sont Paris et New York[1], qui correspond à plus d’une soixantaine de titres, à laquelle nous ajouterons une cinquantaine d’autres titres sur l’Europe en vue de déterminer une typologie. Nous distinguerons les deux genres afin de savoir comment le lecteur est convoqué par le texte et quelle figure de lecteur il construit, peut-être un voyageur à la recherche de lieux inconnus du grand public, donc lointains, atypiques, marginaux ou underground. Le marketing éditorial répond à ce goût de l’exceptionnel que nous déclinerons selon trois aspects : les caractéristiques d’une édition créative en vue d’une communication de l’authentique, du pittoresque et du sensitif, les destinations et les pratiques touristiques « hors des sentiers battus » dans une édition qui incite à découvrir par soi-même, puis la diversité des genres dans l’édition en vue d’une personnalisation du voyage.

Les caractéristiques d’une édition créative en vue d’une communication de l’authentique et du pittoresque, d’un tourisme sensitif et créatif

Si l’édition touristique serait à circonscrire, elle véhicule cependant l’ensemble des imaginaires (Gravari-Barbas, Graburn, 2012) se référant à un lieu, aux expériences attendues, espérées ou redoutées sur place – ainsi qu’aux pratiques qu’elles induisent – et aux populations réceptives, elle est un intermédiaire entre le touriste et sa destination, ou “in-between”, à différents moments de la prise de décision. Communiquer un autre voyage, plus authentique (MacCannell, 1973, 1976), passe par un renouvellement du style «guide de voyage» et du rôle de l’iconographie touristique en vue de la construction de la notion “d’authentique”(Urry, 1990). Le touriste est en effet un consommateur de lieux “authentiques” autant que de leur représentation sous forme d’images (Urry, 1990). Comme le livre et les arts visuels œuvrent à l’imaginaire géographique d’un territoire et à l’immatériel touristique de l’authentique (Cravatte, 2009), il s’agit pour l’édition de devenir “créative” afin de valoriser les sens et les émotions pour mieux promouvoir un tourisme sensitif et expérientiel (Bourgeon-Renault, Gombault, 2014). Ainsi, comment mettre en évidence l’originalité du voyage dans un guide touristique? Quelle vision du voyage véhicule le carnet de voyage et en quoi ce dernier apporte son innovation médiatique au guide touristique ?

La recherche de la mise en forme éditoriale de l’expérience « réenchantée »

Alors que le voyage placerait chaque touriste au centre du processus créatif et que l’ouvrage de tourisme prétendrait décrire l’espace, non pas du point de vue de l’auteur, mais pour le touriste, il convient de différencier « les dispositifs narratifs dont nous sommes les héros » entre le guide de voyage et le carnet de voyage, soit « un espace de la fragmentation scripto-visuelle régi par un système de la co-présence des fragments d’espaces. » selon Hécate Vergopoulos[2]. Le carnet de voyage est aussi un espace de la fragmentation qui associe textes et images et offre un espace de créativité au lecteur. Cependant, alors que la narration par l’image est centrale et qu’elle suit le parcours du carnettiste; c’est bien son expérience du voyage du début jusqu’à la fin du parcours qui organise “le chemin de fer” des pages du carnet et l’organisation spatiale. Dans les deux types d’ouvrages, l’espace est construit comme s’il était révélé par le « champ de vision » d’une caméra : le carnet de voyage à travers la composition de l’image et les liens texte-images, le guide voyage grâce à une mise en scène par l’écriture. Néanmoins le guide offrirait un espace ouvert à venir : « ce serait l’espace de la pratique qui se définirait en ce qu’il est toujours virtuellement possible, car toujours à venir. » [3]. Parmi les types carnets de voyage (Argod, 2014), le carnet de patrimoine valorise les sites patrimoniaux à travers des promenades offrant des vues aquarellées relevées par le regard de l’artiste qui détermine parfois des paysages culturels[4] (Gritti, 1967). Cette caractéristique de l’album de vues ou du livre d’artiste, parfois dépourvu de texte, offre un espace de lecture ouvert à travers l’image. A partir d’un corpus de dix huit carnets de voyage sur Paris publiés depuis 2001, nous remarquons que ceux qui sont traduits en anglais offrent l’archétype du carnet de voyage en images légendées de textes, tels ceux de Fabrice Moireau publiés depuis 2001 ou celui de Charles Bilas et Benoît D’Amat publié en 2008 par Parigramme. En 2002, deux carnets proposent une vision plus originale de la capitale assortie d’annotations biographiques et de points de vues personnels : Paris : carnet de métro d’Hippolyte Romain et Yann Romain et Mes carnets de Paris d’Alain Bouldouyre et de Christophe Auduraud. Ensuite, la collection Carré de Paris des éditions Equinoxe, publie, de 2003 à 2009, des promenades patrimoniales dans les arrondissements de Paris, soit dix carnets de voyage aquarellés : les gares, les jardins inattendus, sur les toits, en métro, les places, les passages couverts et le plus surprenant, Carnet de Paris la nuit de Jean-Paul Ladril. L’inattendu et la surprise sont mis en scène pour un touriste, le plus souvent parisien, qui cherche à redécouvrir son cadre de vie ou du moins de sorties week-end. A partir de 2005, deux carnets offrent des regards renouvelés sur les lieux : Voyage d’un peintre chinois à Paris. He Yifu, traduit du chinois par Frédéric Wang (Ouest-France) et Banlieue nomade : carnets de voyage autour de Paris par les Carnettistes Tribulants (Alternatives).

À l’inverse de Paris, pris à contre-pied du corpus précédent, les guides sur New York offrent moins de créativité que les carnets de voyage. En effet, tous ces guides sont édités en France et s’adressent à des francophones qui découvrent New York mais connaissent bien Paris. Pour New York, l’exotisme de la destination, quasi mythique, joue sur l’imaginaire des voyageurs carnettistes. Aussi la confrontation à l’Autre et à une culture différente suscite-t-elle un regard ingénu et créatif. L’enjeu de l’édition du guide touristique est la prescription de lieux touristiques et de découvertes à vendre qui doivent suivre la demande du lecteur touriste. Il offre des services ou des informations en vue de consommer : des parcours obligés selon des itinéraires marketing de restaurants, hôtels, boutiques ou musées. Il se scinde en deux parties, le repérage et l’offre culturelle qui, selon le guide choisi, sont associées au fil du parcours “guidé”. A contrario, le carnet de voyage est souvent un carnet de patrimoine, tourné vers la contemplation, l’image et le beau livre, qui esthétise les sites patrimoniaux. Il offre des promenades, flâneries visuelles et poétiques pour rêver plus que découvrir, pour voir selon le regard de l’artiste : des itinéraires vécus par l’artiste au gré de sa fantaisie et du choix des sites et des vues. Le pittoresque (Vernex, 2004, Cauquelin, 2002) fait en effet référence au site digne d’être peint, notamment par les aquarellistes anglais du 18e siècle lors du « Grand tour ». De plus, l’aquarelle artistique s’oppose à la photographie documentaire car le dessin renvoie en effet au geste, à l’authentique, au vécu, à une forme de sincérité, « au vrai », à « la main de l’artiste ». Le témoignage intime de l’artiste « réenchante » les lieux et tend à rendre le voyageur « explorateur » (Venayre, 2006), du moins découvreur sur les pas de. La dimension émotionnelle à travers l’expérience holistique offre au tourisme la capacité à réenchanter autant les lieux que le vécu, idée que véhicule les guides et plus encore les carnets de voyage à travers la narration autobiographique d’impressions, de ressentis, d’émotions et d’images. « La figure du narrateur à venir propose une expérience réenchantée […] : des moments d’une intensité particulière, un temps suspendu qui peut se vivre pleinement » (Vergopoulos et Flon, 2012). L’édition du carnet de voyage incite à la curiosité et au partage d’un voyage « hors du commun », soit l’expérience unique du carnettiste voyageur, en tout cas mise en scène par la narration comme étant originale.

La communication d’un autre voyage, plus authentique et sensitif en vue d’un tourisme expérientiel et créatif

L’élément émotionnel qui amplifie et surcharge l’affect est une caractéristique de l’aventure que promet le guide au voyageur, devenue « une expérience fondamentale, plus reconnue» (Rauch, 2011). Lorsque le voyageur part avec un carnet de voyage à la main, il métamorphose son expérience de “l’extime” (Tournier, 2002) qui dévient mémoire vécue, témoignage à partager, trace intime de soi au contact de l’Autre ou du journal intime (Hess,2010). Le carnet de voyage favorise ainsi un voyage personnalisé dans lequel le participant s’implique et devient actif par sa démarche créative, donc attentif au monde. Le voyage est alors envisagé comme un moyen d’apprentissage : apprendre par soi-même et déconstruire ses représentations. Il s’agit d’accepter la perte du corps à corps avec sa terre d’origine, le dépaysement et le changement de repères dans le temps et dans l’espace puis de prendre ses distances avec sa culture d’autant plus que le voyageur accepte de prendre le temps de découvrir et de s’approprier l’espace, de dialoguer avec l’autochtone. Le tourisme créatif place en effet la notion d’expérience et d’apprentissage du visiteur au cœur de sa proposition en misant sur la rencontre avec l’altérité et la relation développée avec la culture locale dans une démarche active : il ne s’agit plus simplement de voir, mais de participer (Gombault, 2014). Avec un carnet de voyage à la main, un rapport différent au temps et au voyage s’installe : rester de longues heures en un lieu pour l’observer et en faire un rendu dessiné, donc vivre un voyage « non touristique ». La collection audio-visuelle Exploration Aventure : Carnets de voyage de Gédéon Programmes l’illustre en présentant la découverte singulière d’un illustrateur-voyageur qui parcourt et dessine le monde. Faire preuve d’originalité pour voyager doit rimer avec nouveauté, singularité, voire rareté, afin de se sentir singulier et différent par rapport aux autres voyageurs devenus touristes. Aussi, les voyages à visée ethnographique sur l’artisanat, la musique, la route des parfums ou du textile sont-ils recherchés. Catherine Legrand retrace des périples ethnographiques dans son carnet de voyage d’une styliste Textiles et vêtements du monde et Philippe Puget et Marc Legrand voyagent en Inde du Nord Au rythmes du Raga. L’originalité du mode de locomotion est aussi prisée : par exemple, la collection Itinéraire Bis : A vélo…Dans la roue du guide des éditions Passiflore sur les grandes villes européennes semble combiner le carnet de voyage et le guide touristique. John Hirvois y rend compte à travers diverses techniques d’arts graphiques – aquarelle, fusain, dessin, photographie – de deux itinéraires à vélo, complétés de repères historiques.

À l’heure du tout visuel, la quête de l’esthétique touristique à montrer ferait place au non visible (à dévoiler), à la surprise, à l’émotion, à ce que l’image ne peut montrer mais que l’expérience du corps permet de ressentir lors du voyage hors du quotidien. Les carnets de voyages audio-visuels de Sophie Massieu, Dans tes yeux[5], d’une journaliste aventurière non-voyante l’évoque : faire et ressentir. D’ailleurs son expérience est retracée dans son carnet de voyage sonore intitulé Dans mes yeux[6] qui est une carte sensorielle en ligne. En préambule de chaque épisode filmé avec des appareils photo, Sophie Massieu explique : « je ne vois pas, alors le monde je vais le prendre à bras le corps, le sentir, le toucher. Et surtout je vais vous faire partager mes rencontres et vous le faire découvrir différemment, en le regardant dans les yeux des autres». La série souhaite retranscrire la perception sonore, puis tactile et olfactive des pays qu’elle visite au plus près du contact humain et du ressenti de la journaliste. La découverte sensitive est une forme d’expérience “hors des sentiers battus” que propose le site Explore BOGOTA through the 5 senses[7] pour découvrir Bogota et favoriser le tourisme créatif. Ainsi, le terme de “voyage” en arabe “safar”, qui a donné lieu aux “safari” photographiques ou de chasses en Afrique, semble évoquer aujourd’hui le dévoilement d’un monde autre, différent, inhabituel ou hors de la norme, par tous les sens et par le ressenti du vécu. L’expérience vécue originale est mise en exergue, d’autant plus si elle déroute nos sens et représentations, voire notre appréhension du monde, physique et mentale (“dark tourism”).

Arts visuels, imaginaire géographique et immatériel touristique (Clergeau, Spindler, 2014, Graburn, Gravari-Barbas, 2012 et 2016) axés sur le pittoresque et le sensitif

Quelques peintres, qui ont marqué la peinture et l’art du paysage, ont aussi suscité l’attrait des voyageurs pour la découverte de sites. Ainsi de Braque à Picasso, de Signac à Matisse, de Bonnard à De Staël, le Midi a inspiré les peintres[8] à la recherche de la lumière et a participé à l’engouement touristique pour le littoral méditerranéen, notamment la côte bleue[9]; ces artistes ont contribué à la construction d’un patrimoine immatériel et de paysages culturels. Solange Louvet et Arnaud d’Aunay ouvrent la voie au carnet de patrimoine à travers des aquarelles sur les Escales d’artistes de Dieppe à Saint-Valery-En-Caux (Gallimard). Les peintres de la marine valorisent des régions moins touristiques comme Dieppe ou la presqu’île de Crozon à travers leurs œuvres publiées par les éditions des Equateurs en 2006. D’ailleurs, en 2011, Philippe Gloaguen propose un guide du routard pour découvrir la Bretagne à travers des tableaux de maîtres, La Bretagne et ses peintres, mais aussi un carnet de voyage aquarellé Au fil des côtes de Bretagne (Locus Solus, 2013). Les liens entre carnet de voyage et guide semblent donc de plus en plus ténus. L”édition touristique valorise l’authenticité et l’expérience par le témoignage du voyageur et contribue à médiatiser l’immatériel touristique (Clergeau et Spindler, 2014) à travers une authenticité «iconique» (Culler, 1981). Mais la question de l’authenticité se joue différemment dans le carnet de voyage et dans le guide : dans le premier l’authenticité par la preuve du voyage et dans le second comme un programme d’action. Alors que le carnet de voyage a pour vocation de rendre compte d’un voyage déjà effectué par une subjectivité. Il peut être transformé, par le touriste à venir, en trace d’usage à reproduire, mais ce n’est pas sa vocation première. Il est témoignage narrativisé. Le guide, en revanche, est tourné vers l’effectuation du récit pour la subjectivité à venir qu’est le touriste, donc un document pour l’action à venir. Voyager avec un carnet à la main ou voyager avec un guide offrent deux regards de touristes différents, l’un libre et attentif au monde dans une démarche créative, l’autre prédictif et vérificateur des informations dans une démarche de reproduction, soit “sur les pas du guide”. Toutes deux jouent cependant sur les imaginaires touristiques comme l’évoque Roland Barthes pour le Guide Bleu[10] qui donne à croire que les choses vont de soi, en substituant la nature à l’histoire et les essences aux existences.

Les destinations et les pratiques touristiques « hors des sentiers battus » dans une édition qui incite à découvrir par soi-même

Deux genres éditoriaux, guide et carnet de voyage, proposent de nouvelles destinations proches ou lointaines et des pratiques touristiques « hors des sentiers battus » malgré un recentrage sur les courts séjours et un recul de cette édition de plus de 10 % en 2014[11]. Les deux premiers titres qui apparaissent dans l’édition francophone avec cette qualification se situent en 1983 : Globe-trotter perdu sur terre : douze destinations hors des sentiers battus de Jodrino Huot (Bertrand Dumont éditeur) est publié dans la collection évocatrice « calepins des aventuriers » et La Chine hors des sentiers battus de Schwartz (Olizane) était une destination encore fermée au tourisme. Les prémices du genre éditorial du carnet de voyage qui a émergé au cours des années 80 annonce un autre type de voyage, routard, créatif vers des destinations méconnues. « Hors des sentiers battus » dans la vision du voyage qu’il transmet mais aussi dans l’édition et dans la médiation touristique, le carnet de voyage ouvre de nouvelles voies à défricher. Le « hors de sentiers battus » géographique pour découvrir une destination prétendument inconnue nécessite un « hors de sentiers battus » éditorial c’est à dire des innovations éditoriales qui puissent attiser la curiosité du voyageur car le premier voyage est bien rêvé. Pourquoi et en quoi offre t-il un regard différent sur le voyage et le tourisme qu’il incite à travers l’édition? Quelles valeurs accorde-t-il au voyage et pourquoi le marketing touristique s’en inspire-t-il ? Quelle expérience du voyage transmet donc le carnet de voyage ?

Du « backpacking » et de l’expérience du voyage aux origines du carnet de voyage

Le tourisme à la manière du « routard » a été lancé par l’édition et médiatisé par quelques guides pionniers comme le « Europe on five dollars a day » d’Arthur Frommer aux Etats-Unis qui aurait inspiré Philippe Gloaguen pour son premier « guide du routard » pour les « Zindes » de Téhéran à Katmandou suite à la publication des notes de voyages sur les escales à moindre coût par l’éditeur Gedalge en 1973; celle-ci lance l’engouement pour la route mythique en auto-stop et en hébergement modeste. A la suite des hippies, le routard évoque aussi la liberté du voyage, de l’imprévu au gré des envies et des rencontres et ouvre sur une autre vision du tourisme certes mais aussi du monde et de l’Autre : la quête d’une nouvelle forme de voyage « sac à dos », aventurier, initiatique et original ; en somme, un voyage plus authentique hors des sentiers battus ou des circuits organisés que prônent aussi les artistes voyageurs avec leur carnet de voyage à la main ou leur blog, pour témoigner de leur découverte du monde par eux-mêmes, vécue au plus proche de l’Autre. Aussi pouvons-nous rapprocher le carnettiste du routard (Courant, 2013), par son mode et son désir de voyage, dans ses héritages historiques sur la route des Indes mais aussi dans sa quête de « l’extime » (Tournier, 2002), voire d’un apprentissage par l’expérience. Le carnet de voyage se définit par ses aspects d’intermédialité[12] comme « le récit autobiographique illustré du voyage dans lequel l’image est centrale, voire prédominante, par rapport à l’écrit » (Argod, 2009). Il favorise la construction de lieux touristiques puisqu’il médiatise le rapport du voyageur au monde ou l’expérience vécue et favorise le processus d’identification du lecteur.

La médiatisation du voyage «hors norme» : du voyageur au touriste et du carnettiste « défricheur »

« Démasquer les effets pervers d’un tourisme consumériste et grégaire et renouer autrement avec l’aventure, l’évasion et la créativité » (Christin, 2008), notamment sur la route de la soie a relancé le mythe de la rencontre pacifiée de l’Occident avec l’Orient à travers les échanges culturels et commerciaux. Dès 1999, Yers Keller retranscrit son voyage, D’Istambul à Samarkand, dans la collection Peintres voyageurs des éditions Asa. A sa suite, la route de la soie devient l’objet de voyage hors norme en fonction du mode transport, du nombre de kilomètres parcourus, mais aussi par la forme du rendu éditorial : Priscilla Telmon et Sylvain Tesson parcourent à cheval l’Asie Centrale dans Carnets de steppes, Laurent Granier et Philippe Lansac évoquent, sous la forme sonore, leur Carnet de route Paris-Tokyo, Bernard Ollivier et François Dermaut, leur marche d’Istambul à Xi’an dans Carnets d’une longue marche, Arthur R David, son voyage en VTT de Carthage à Dunhuang dans Carnet d’une route de la soie ou l’invitation aux voyages, Pierre Robin, les Chemins d’un cyclopède sur la route de la soie. Mais ce sont Claire et Reno Marca qui incarnent le paroxysme du voyage routard hors-norme et sans frontières dans Trois ans de voyage : 25 pays par voie terrestre, en histoires et en images. D’autres choisissent des destinations peu favorables au tourisme à la date de leur séjour : Sophie Ladame le Laos en 2003, Elsie Herberstein l’Algérie en 2004, Philippe Bichon l’Iran et Bruno Pilorget la Palestine en 2008, Stéphanie Ledoux la Birmanie en 2010, le globe-trotter Troub’s à Bornéo, à Ciudad Juarez et au Turkménistan.

Le guide touristique pour aiguiser la curiosité: de l’insolite et de l’originalité

Les guides touristiques ont su attiser la curiosité des touristes sur des destinations hors des sentiers battus et certains éditeurs ont été pionniers : les éditions Marcus sur Cuba, le Yémen et la Colombie ou Lonely Planet sur l’Algérie, Israël et les territoires palestiniens. Des collections à la conception originale ont pris pour cible la tendance des excursions à la journée : Evasion en ville ou en France d’Hachette, Géoguide et Spiral de Gallimard, d’autres ont lancé le guide illustré de parcours artistique inspiré du carnet de voyage: par exemple, la balade de cinéphile dans New York itinéraires de Lonely Planet et de Casterman. La 4e de couverture insiste sur l’étonnement du lecteur – voyageur par diverses injonctions à la découverte : « comme vous ne l’avez jamais vue», «visage totalement nouveau de la ville», «explorer des quartiers encore inconnus», «dans toute sa diversité, poétique et humaine, loin des clichés de la grande ville anonyme». Le corpus étudié sur la découverte de la capitale «hors des sentiers battus» correspond à vingt-deux titres publiés en quatre ans, de 2009 à 2013 afin de valoriser une forme de tourisme urbain, “la pratique du tourisme off” (Gravari-Barbas, Delaplace, 2015). Ainsi, les guides touristiques sur Paris valorisent dès 2009 les lieux et les loisirs insolites[13] ou inconnus à découvrir, « le tourisme off »: Le Paris secret des stars de la télé (Hachette Tourisme), My little Paris : le Paris secret des parisiennes (Chêne), Paris underground, Paris fait son cinéma et Paris secret et insolite (Parigramme). Cet éditeur[14] souhaite étonner les férus de curiosités d’un «autre Paris»: Paris à vos pieds : surprises et découvertes à fleur de pavé, Plaisirs démodés de Paris : boutiques à l’ancienne, bistrots d’hier, bals rétro, artisans d’antan… : le charme retrouvé de Paname, Paris off : boutiques barrées, scènes underground, art décalé, nuits déjantées, sociétés secrètes, explorations insolites : le guide de l’autre Paris. Trois angles de vue atypiques se développent : les jeux et loisirs, le mode de locomotion et l’angle interculturel. Hachette Tourisme propose des jeux de piste et des guides – jeux et énigmes « pour redécouvrir Paris en s’amusant » alors que Parigramme cible le tourisme créatif avec les Cours et ateliers d’art à Paris 2013. ou l’approche interculturelle à travers Paris oriental et Guide du Japon à Paris. De plus, sont développés les angles de vue pour faire découvrir la capitale dans sa diversité culturelle : l’éditeur Tarride a publié depuis 2014 trois guides qui présente des personnages et des lieux parisiens liés à un autre pays tels que Paris américain, Paris britannique et Paris russe. Déjouer les lieux communs pour ouvrir sur la culture du pays est le propre du carnet de voyage qui explicite la vie quotidienne en narrant l’espace vécu et l’immersion culturelle. D’ailleurs, la contribution des expatriés français à l’étranger est recherchée par les éditeurs de guides : plus que leur témoignage, c’est leur carnet d’adresses et leur décryptage culturel qui intéresse l’édition du tourisme, sur le modèle de la collection Guides capital(es) lancée par les éditions nomades en 2011 (Brooklyn l’essentiel vue par des New Yorkaises d’adoption). La collection Secrets de…de l’éditeur Prat a suivi la même tendance à partir de 2012 avec dix titres publiés à ce jour dont illustrés par Lise Herzog[15] tels que Paris, secrets de Parisiens et New York : secrets des New yorkais. Les collections de guides « secrets » insistent sur le dévoilement de la découverte, parfois le légendaire (Vergoloupos, 2010), et l’exclusivité des informations : depuis 2009 Les guides écrits par les habitants de l’édition Jonglez et dès 2010, Gallimard propose Paris secret : carrières et catacombes, jardins insolites, cimétières et cryptes, passages couverts et musées méconnus et Ouest France lance Guide secret sur quatorze régions ou villes. L’expérience touristique dans les guides comme dans les carnets de voyage révèlent trois modalités de construction du territoire touristique : “mettre à l’honneur la subjectivité des auteurs et celle des touristes en leur proposant de participer à la médiation, l’idée d’expérience pensée comme moment extra-ordinaire à vivre et à raconter»[16].

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Figure 1. Paris secret
Martine Angelergue, Sylvie Aubenas, Armelle Bernard-Sylvestre et al. illustrateurs Frédéric Bony, Claire Felloni, Jean Chevallier et al. Gallimard Loisirs, 2015.
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Figure 2. Brooklyn : l'essentiel
Eva Sakellarides, Manon Lemoine. Editions Nomades, 2016 (Guides Capitales).

En somme, les deux genres éditoriaux, guide et carnet de voyage, proposent de nouvelles destinations proches ou lointaines et des pratiques touristiques « hors des sentiers battus ». Cette vision géographique hors-norme nécessite de nouvelles voies éditoriales à défricher, plus créatives, personnalisées et authentiques afin de favoriser le réenchantement du monde, « une suspension d’incrédulité (Winkin, 2001, 1996) portée par le désir de “nous en laisser conter”, le désir d’entrer dans une nouvelle interprétation de la réalité, comportant éventuellement une dimension fictionnelle. »[17]

La diversité des genres dans l’édition en vue d’une personnalisation du voyage et de la découverte de l’Autre

L’édition touristique décline une palette de genres, du guide touristique au beau livre, du documentaire au livre d’art, afin de valoriser une destination. Plus de 420 guides sur New York et sa région ont été édités ou réédités depuis l’an 2000 dont 243 strictement sur la «Big apple» alors que plus de 1600 guides sur Paris et sa région sont parus depuis 2000[18]. L’édition des beaux livres joue aussi de la communication touristique : 250 beaux livres ont été publiés sur New York depuis 2000 dont 120 livres d’art, 110 albums de photographies et 20 carnets de voyage. Sur la même période, l’édition dénombre[19] 1500 beaux livres sur Paris dont 1060 livres d’art, 420 albums de photographies et une vingtaine de carnets de voyage. A partir du corpus, nous avons pu envisager l’étendue éditoriale dans laquelle peut puiser la communication touristique et ses formes. Parmi celles-ci, le carnet de voyage inspire le guide touristique et témoigne d’un voyage original et unique. Il s’agit de médiatiser une personnalisation du voyage prônée par les professionnels du tourisme. Aussi l’hybridité et la créativité de l’édition touristique répondent-elles à cette volonté et permettent-elles d’ébaucher une typologie d’une édition créative qui reposerait sur “une volonté de valorisation de l’auctorialité des acteurs du tourisme,[…] une parole testimoniale dans le temps de la médiation ou dans l’après du voyage”[20].

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Figure 3. Comparaison chiffrée de l'état de l'édition touristique entre deux capitales (Paris et New York)
Source : ELECTRE, élaboration : Pascale Argod, 2015

Une palette des genres éditoriaux sur le tourisme urbain et culturel

Parmi les vingt-deux titres illustrés ou albums qui offrent une vision originale ou artistique sur New York, il est nécessaire de préciser que deux illustres dessinateurs américains à l’origine du «Novel Graphic»[21] ont développé le témoignage retranscrit du quotidien pour conserver la mémoire collective de la ville : Robert Crumb dès 1964 et Will Eisner dès 1981. Ce style de « carnet de voyage » de proximité et du quotidien, au fil de déambulations dans la ville américaine, rappelle celui de Philippe Dupuy et de Charles Berberian dans Carnets de New York (Cornélius). Après le style aquarellé «carnet de voyage traditionnel» avec New York aquarelles de Jérome Charyn et Fabrice Moireau, le carnet de reportage ressurgit depuis la publication des Carnets d’un New Yorkais : une chronique illustrée de trois décennies à New York de Peter Kuper Peter en 2012. La pratique créative du reportage dessiné de sites urbains est d’ailleurs mise à l’honneur par le groupe des Urban Sketchers d’origine américaine (Campanario, 2012). Le guide touristique s’inspire de cette tendance «carnet de voyage» : Miles Hyman insère illustrations dessinées et références à la bande dessinée dans New York itinéraires de Vincent Réa afin de donner «un visage totalement nouveau de la ville […] pour sortir des sentiers battus»[22] et afin de décliner la créativité de la Big Apple «à l’écran, arty, spirit, babel; vert et bio». L’art photographique aborde aussi l’esthétique des lieux et l’imaginaire touristique dans des carnets de voyage de peintres tels que Tony Soulié qui combine des techniques mixtes, la photographie retravaillée à la peinture, dans New York 11206, Pascal Delannoy et Jean-Luc Grzeskowiak sur le Street Art dans New York : Street Art ou CharlElie Couture à travers des plans et panoramas originaux tout comme Alex S Maclean dans des vues d’Espaces cachés à ciel ouvert : sur les toits de New York. C’est pour combiner l’ouvrage d’art et le guide touristique à des fins de marketing que la société Louis Vuitton a lancé en 2013 la collection Travel Book avec des artistes renommés, qui ont investi le genre.

Des guides touristiques inspirés par le carnet de voyage : une niche éditoriale « hors des sentiers battus »

Le carnet de voyage retrace le périple, la quête et le regard du voyageur sur le pays visité à travers un rendu de texte et d’images ou une expression personnelle qui juxtapose créations artistiques et documents authentiques récupérés sur le terrain comme traces ou preuves du voyage. Emotions et expressions ressenties appartiennent à l’œuvre autobiographique qu’incarne le carnet de voyage. Aussi le carnet de voyage apporte la preuve du vécu, témoignage de la main et donc du corps. Le croquis offrirait une empreinte intemporelle et un sceau d’authenticité au reportage que rechercherait le marketing touristique. Associant les approches réflexive, personnelle et intime, il est le récit pictural de la découverte qui témoigne de la confrontation de l’artiste entre ce qu’il regarde et ce qu’il voit, entre ce qu’il perçoit et ce qu’il appréhende, entre ce qu’il ressent et ce qu’il traduit. Cette personnalisation du récit du vécu se transfère au lecteur comme dans une mise en abîme du lecteur -voyageur avide d’aventures. La bivalence entre autobiographie et reportage, entre production artistique et documentaire en fait sa force communicationnelle. Le carnet de voyage est tiraillé entre la quête artistique et le désir éditorial de calquer le réel, pour mieux faire voir, diffuser l’information et didactiser ou vulgariser l’ailleurs (Argod, 2011). Ce serait à la fois une production documentaire et une œuvre d’art (Argod, 2014). Les carnettistes ont inspiré des éditeurs pour leur conception du guide et des organismes culturels pour leurs brochures de communication touristique. La collection Autour de éditée par Ouest-France associe un auteur et un peintre qui croisent leur regard sur Perros-Guirec : il s’agit d’un itinéraire selon le moyen de locomotion où la peinture, à travers soixante-dix œuvres à l’acrylique, est associée à un contenu informatif de conseils pratiques apparentés au guide touristique. L’éditeur Lonely Planet s’intéresse aux lieux de tournage avec Destination et aux portraits de ville (En bonne Compagnie) à travers des citations de personnalités. De plus, deux collections mêlent les genres du guide et du carnet de voyage : Les Balades de Corto Maltese d’Hugo Pratt, Jacques Ferrandez et Michel Pierre et les City guides de l’éditeur Ouest-France. Des organismes de voyage tels que Atalante et Orients sur les Routes de la Soie valorisent à partir de 2007 leurs voyages (au Yémen, en Ouzbékistan et en Chine) à travers un atelier de pratique artistique animé par un artiste. Les Editions Nomades ont permis à des carnettistes de tendre vers le guide de voyage : collection Itinéraires de voyageurs; ce petit format sur le Japon de Yann Breton et Masako Tokuda offre une complexe mise en page d’images graphiques et de textes : les encadrés de précisions culturelles et documentaires ainsi que les pages “vie quotidienne” et “adresses” de la page 128 à 139 nous ramènent au guide. Quant au Portugal, les auteurs Julie Sarperi et Laure Fissore en font un guide “puzzle”.

L’hybridité et la créativité de l’édition touristique intermédia (de l’ouvrage au web)

L’inspiration du carnet de voyage donne lieu en 2009 aux guides intitulés Paris La capitale redessinée en BD de Thibaut Vandorselaer (éditions du Signe) et Bistrots & cafés de Paris de France Dumas (éditions Autrement), aussi une typologie de l’hybridation et de la créativité de l’édition touristique se dessine à travers des combinaisons multiples entre le guide, le carnet de voyage et le livre d’artiste. Sans compter les carnets de randonnées – balades ou topoguides et les guides pour la jeunesse, nous distinguons neuf sortes de productions hybrides axées sur l’image.

  1. «Le guide touristique illustré» d’aquarelles est lancé, notamment par Armoriques : ballades de Corto Maltesse en Bretagne de Jacques Ferrandez et Michel Pierre en 2003, et inspire en 2010 deux collections : Itinéraires de l’éditeur Casterman et City guides illustrés des éditions Ouest-France.
  2. «L’itinéraire aquarellé» apparaît dans l’édition en 2008 avec le carnet 4 ballades en Mauritanie de la carnettiste Bénédicte Némo que développe la collection Dans la roue du guide des éditions Passiflore.
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Figure 4. Paris à vélo: dans les roues du guide
John Hirvois, éditions Passiflore, 2013 (coll. Itinéraire Bis).
  1. « Le guide touristique d’un artiste » proposé par les éditions Nomades.
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Figure 5. Japon
Yann Breton et Masako Tokuda, éditions Nomades, 2012 (Itinéraires de voyageurs)
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Figure 6. Portugal
Textes, photographies et mise en page Julie Sarperi,
dessins Laure Fissore. Editions Nomades, 2012. (Itinéraires de voyageurs).
  1. La version «livre d’artiste sur des sites patrimoniaux» ouvre sur des formes originales hybrides où l’image est centrale. La destination est sublimée par l’artiste, et devient propos d’une recherche plastique d’artistes peintres renommés : les collections Travel book de Louis Vuitton et Petit pop-up panoramique de Casterman illustré par Sarah McMenemy.
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Figure 7. New York : petit pop-up panoramique
Illustrations Sarah McMenemy. Copyright © Casterman, 2012.
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Figure 8. Paris : petit pop-up panoramique
Illustrations Sarah McMenemy. Copyright © Casterman, 2012.
  1. Les cartes – guides comme la collection lancée en 2015 par Gallimard Loisirs Cartoville Gallimard.
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Figure 9. New York en famille
Charlotte Pavard, Christine Barrely, Victoria Jonathan et al. Gallimard Loisirs, 2016 (Cartoville en famille).
  1. Les jeux de pistes sur le patrimoine comme ceux proposés en 2006 par Jean Richard Matouk chez Hachette Tourisme.
  2. La forme « carnet de voyage » peut aussi s’appliquer aux brochures touristiques : Gironde carnets de voyages cyclo, Gironde carnets de voyage rando, Carnets de voyages Destination Gironde, éditées par le Conseil général de la Gironde. Un «manga-carnet de voyage-guide touristique» sur la ville japonaise de jumelage culturel : En décalage : un guide amoureux de Fukuoka[23] de Vincent Lefrançois et Kazuhisa Shiihara.
  3. En ligne, le numérique offre un vaste panel de narrations du voyage qui permettent l’échange et la réalisation collaborative : du site au blog[24] de voyage, des applications aux plateformes de voyage…(Wipolo, LiveTrekker, Michelin Travel). Le carnet de voyage numérique Carnets de traverses, blog de voyage et de photographie[25] de Julie Sarperi a une portée touristique influente.
  4. Le carnet de voyage sonore[26] et audio-visuel (Argod, 2010).

Conclusion

À partir d’un corpus choisi de guides touristiques et de carnets de voyage de 150 titres (avec une vingtaine sous forme numérique) dont la moitié sur les deux capitales touristiques que sont Paris et New York, nous avons distingué les deux genres afin de savoir lequel permet au lecteur de se projeter comme voyageur à la découverte unique et originale. L’édition touristique participe à la médiatisation du goût de l’unique et de l’exceptionnel à vivre, notamment en incitant à découvrir par soi-même des destinations et en valorisant des pratiques touristiques « hors des sentiers battus » hérités du «backpacking». A travers le genre éditorial du carnet de voyage qui serait à la fois un patrimoine et un objet d’étude[27] (Argod, 2011), le carnettiste devient alors voyageur «défricheur» prédictif de destinations hors des sentiers battus et de pratiques plus alternatives. A travers le carnet de voyage, le lecteur rêve son voyage qu’il souhaite authentique, personnalisé et créatif, puis, à travers le guide touristique, le voyageur – touriste devient alors un promeneur curieux et avide d’insolite. Les caractéristiques d’une édition créative portent sur la recherche de l’authentique et du pittoresque à travers la mise en forme éditoriale et l’iconographie, la communication d’un autre voyage, les arts visuels, l’imaginaire géographique et l’immatériel touristique. La diversification des genres dans l’édition est au service de la personnalisation du voyage, de la découverte de l’Autre, de l’épanouissement personnel et peut-être de la promotion d’un tourisme sensitif et créatif puisque certains guides touristiques s’inspirent du carnet de voyage devenu une niche éditoriale « hors des sentiers battus ». L’hybridité et la créativité de l’édition touristique suivent la tendance du tourisme et valorisent les itinéraires à défricher. La typologie de huit catégories de productions touristiques hybrides évoque l’originalité déployée par les éditeurs pour élargir les horizons de la connaissance des lecteurs, voyageurs ou touristes en devenir, qui rêvent d’être plus voyageurs que touristes, poursuivant paradoxalement le mythe du voyage, à l’heure de la massification, mais aussi celui des «terrae incognitae» à l’heure du satellite et du numérique. Ce qui «relève par conséquent d’une situation hyper-touristique marquée par l’exacerbation, la généralisation et la transversalité des phénomènes touristiques dans nos sociétés non pas post– mais hyper-modernes» (Gravari-Barras, 2015). Celle-ci est médiatisée par une sophistication de l’édition touristique qui tend vers l’hybridité, l’intermédialité et le transmédia. L’envie d’originalité éditoriale et de personnalisation auctoriale suivrait la tendance de l’individualisation du tourisme.

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Figure 10. Carte heuristique sur L'édition touristique "hors des sentiers battus"
Source : auteur, voir la carte détaillée de deux pages en ligne https://cdevoyage.hypotheses.org/

Notes

[1] absentes du Réseau des villes créatives de l’UNESCO mais membres du Tourism creativ Network : http://www.creativetourismnetwork.org/presentation/?lang=fr
[2] Vergopoulos H., Flon E., 2012, « L’expérience touristique dans les guides : une subjectivité à lire, écrire et raconter », Belgeo [En ligne], 3/2012. URL : http://belgeo.revues.org/7173
Vergopoulos H. «La création à l’œuvre dans les guides de voyage, ces dispositifs narratifs dont nous sommes les héros». BIU de Montpellier (page5).
[3] Idem (p. 9)
[4] selon l’UNESO car “Paysages culturels ” est une catégorie adoptée en 1992 par le Comité du patrimoine mondial.
[5] Série documentaire diffusée sur Arte en 2012 : http://download.pro.arte.tv/uploads/Dans-tes-yeux_DDP.pdf
[6] Pour revivre son expérience du voyage sur le site d’Arte TV : http://dans-tes-yeux.arte.tv/fr
[8] Le grand atelier du Midi : exposition à Marseille et Aix-En-Provence de juin à août 2013.
[9] La Côte bleue vue par les peintres : de l’Estaque à l’étang de Berre. Claude Darras. Gaussen, 2012.
[10] Le Guide bleu, Mythologies. Roland Barthes. Paris : Points Seuil, 1957, p. 121-125.
« Le Guide de voyage, parfait indicateur de l’évolution éditoriale ? » Axel Gryspeerdt, In Guide des médias, Supplément 19, 2014 pp. 15-39.
[11] Voir les chiffres tirés des suppléments Tourisme & voyages de Livre hebdo sur le Tourisme, n° 1032 de 2015 et n°1077 de 2016.
[12] Recherches en sciences de l’information et de la communication du CRI, Centre recherches sur l’intermédialité, de Montréal en référence à E. J. Müller, appliquées à l’objet “carnet de voyage” dans ma thèse de Doctorat.
[13] 31 titres publiés par Parigramme comportent le terme “insolite” et 18 avec le terme “secret”.
[14] spécialiste de Paris : voir ses collections de carnets d’adresses http://www.parigramme.com/
[15] Artiste qui réalise aussi des carnets : http://liseherzog.ultra-book.com/carnets-p49337
[16] « L’expérience touristique dans les guides : une subjectivité à lire, écrire et raconter », Hecate Vergopoulos, Flon Emilie, Belgeo [En ligne], 3/2012. URL : http://belgeo.revues.org/7173
[17] Idem
[18] Chiffres relevés d’après la base Electre du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2014 (certains guides à paraître).
[19] Idem
[20] idem
[21] Voir la partie 1 la sous partie intitulée Des paralittératures aux « littératures dessinées » ou graphiques de la thèse de Doctorat de Pascale Argod 2009
[22] Selon la 4eme de couverture du guide édité en 2010 chez Casterman, éditeur de bande dessinée renommé.
[24] La filiation du blog avec le carnet de bord de marin découle aussi du carnet de voyage.
[25] Prix du carnet de voyage numérique du Rendez-vous du carnet de voyage et Trophées Influenceurs Tribway 2013 “Art et photo: http://www.carnets-de-traverse.com/blog/
[26] Voir l”APAJ, Association pour l’aide aux jeunes auteurs, du journal Libération : http://www.apaj.org/carnets-sonores/
[27] Voir Carnet de patrimoine. Pascale Argod, blog de recherche Carnet de voyage-reportage, Hypothèses.org, 2012 : https://cdevoyage.hypotheses.org/category/carnet-de-patrimoine

 

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Typologie de l’édition touristique créative : 50 productions + 7 numériques

 

L’itinéraire aquarellé :

Némo, Bénédicte. 4 balades en Mauritanie, Grandir, 2008.

Hirvois, John. collection Itinéraire Bis, Dans la roue du guide, Ed. Passiflore, 2013: quatre titres Bordeaux, Berlin, Paris, Rome ( + 2 titres en anglais Paris et Bordeaux).

 

Le guide touristique illustré d’aquarelles :

Ferrandez, Jacques, Pierre, Michel. Armoriques : balades de Corto Maltesse en Bretagne, Casterman, Cong sa, 2003.

Collection Itinéraires, 2010 – 2014, Casterman : onze titres dont New-York, Venise, Florence, Prague, Marrakech, Rome, Bruxelles, Montréal-Québec, Istanbul, Paris, Berlin, à partir d’un personnage de BD ou d’un carnettiste.

Collection City guides illustrés, 2010 – 2013, Editions Ouest-France : Cinq titres dont Strasbourg, Bordeaux, Nantes, Lille, Marseille.

 

Le guide touristique d’un artiste :

Breton, Yann. Itinéraires de voyageurs : Japon, Editions Nomades, 2012.

Sarperi Julie; Fissore Laure. Itinéraires de voyageurs : Portugal. Editions Nomades, 2012.

Collection Le grand guide de l’Italie, 2013, Editions ESI.

 

Le livre d’artiste sur des sites patrimoniaux :

Books, Walter, Mc Menemy, Sarah. New York : un petit pop-up panoramique, Casterman, 2012.

Books, Walter, Mc Menemy, Sarah, Paris: un petit pop-up panoramique, Casterman, 2012.

Collection Petit pop-up panoramique, 2012 – 2014, Casterman : treize titres dont deux en version anglaise dont Paris, New-York, Londres, Rome, Berlin, Le Louvre, Versailles, Prague, Venise, Rio, Châteaux de la Loire, France.

Collection Travel book, 2013 – 2016, Edition Louis Vuitton: dix titres dont Londres, Easter Island, Paris, New-York, Vietnam, Venice, Edimbourg : les Lothians & le File, The Artic, Paris, South Africa.

 

Carnets – brochures touristiques :

Guillebaud, Jean-Claude. Carnet de route : la route François Mauriac, 2010.

Carnet de voyage cyclo. Conseil Général de Gironde, Maison du Tourisme de la Gironde, 2012.

Carnet de voyage, Visa pour un été festif entre mer et vigne. Charente – Maritime, juillet-août-septembre 2012.

Finistère : carnet de voyage. Finistère Tourisme, Conseil général du Finistère, 2012.

Lefrançois, Vincent, Shiihara Kazuhisa. En décalage : un guide amoureux, Bordeaux – ville de Mérignac, 2012, http://carnetdecale.canalblog.com/archives/2012/04/10/24105496.html

 

Carnets de voyage pour les jeunes :

Dailly Aurélien, Van den Hove Aude, 2013, Flandres, Pas-de-Calais : le carnet de voyage du vadrouilleur : guide interactif pour curieux en herbe, Bruxelles, Les ed. Du Vadrouilleur.

Vent des Hove, Yaël. Le carnet de voyage du vadrouilleur : Bourgogne : guide interactif pour curieux en herbe, Bruxelles, Les ed. Du Vadrouilleur, 2013.

Delaunoit, Maëlle, Vent des Hove, Yaël. Le carnet de voyage du vadrouilleur : Languedoc : guide interactif pour curieux en herbe, Bruxelles, les ed. Du Vadrouilleur, 2013.

Pivot, Laurence, Bonetto, Églantine. Québec : mon carnet de voyage, Puteaux (Hauts-de-Seine), Sikanmar, 2013.

Jaubert, Marica, Bonetto, Églantine. Paris : mon carnet de voyage. Puteaux (Hauts-de-Seine), Sikanmar, 2012.

Morin, Julie, Bonetto, Eglantine. L’Ouest américain : mon carnet de voyage. Puteaux (Hauts-de-Seine), Sikanmar, 2013.

Zeller, Odile, Bonetto, Églantine. Berlin : mon carnet de voyage, Puteaux (Hauts-de-Seine), Sikanmar, 2013.

Carnet de mes voyages. Mango-Jeunesse, mai 2013, mai 2014, mai 2015.

Collection Régions de France 2012-2013, Les Ed. du Vadorouilleur : sept titres Provence – Côte d’Azur, Aquitaine-Gers-Quercy, Bretagne, Flandres-Pas de Calais, Normandie, Languedoc, Bourgagne.

Collection Jo et moi autour du monde. Sikanmar, 2010-2013 : soit dix titres Londres, Paris, Madrid, Irlande, New-York, Rome, Québéc , Berlin, l’Ouest américain, les Jeux Olympiques.

Collection Carnet. 2014, Mango-Jeunesse : deux titres Paris et Londres

Collection Graines de voyageurs, 2008 – 2016, Editions Graine 2 : vingt-cinq titres sur la France et l’Europe http://www.graine2-editions.com/rubrique/livres/voyage-livres/

 

Carnet de voyage en ligne :

une vingtaine de blogs ou de sites web sélectionnés

Carnets de traverses de Julie Sarperi : http://www.carnets-de-traverse.com/blog/actu/trophee-influenceur-tribway-art-et-photo

LeWeb 12 LiveTrekker, un carnet de voyage 2.0 :

http://www.youtube.com/watch?v=2hR0X1EMbrk

http://www.youtube.com/watch?v=x4mT2XOfZQw

Wipolo carnet de voyage numérique : http://www.youtube.com/watch?v=sd3I01LjzmA&playnext=1&list=PLvADfWI4s1hiscOgLzCqQ-RNtGhO8OIaM

Bakackmojo : créer son guide de voyage routard : http://www.backpackmojo.com/

http://www.webtourisme.net/e-tourisme/lancement-de-backpackmojocom-loutil-social-de-creation-de-guides-de-voyage-personnels/

Mon carnet de voyage de Michelin.fr : http://voyage.michelin.fr/web/Carnets?from=

Uniterre, plateforme de carnets de voyage en ligne :

          http://www.uniterre.com/carnets-voyage.html

Blogs de voyage, plateforme de blogs de voyage  : http://blogs-de-voyage.fr/

Graines de voyageurs, le site 100 % famille : http://www.graines-voyageurs.fr/

Lonely Planet – Blog voyage : http://www.lonelyplanet.fr/blogs/idees-de-voyage

Routard.com– carnet de voyage : http://www.routard.com/mag_carnets.asp

 

Pages web ou articles en ligne sur le thème des lieux insolites ou effrayants :

http://www.routard.com/mag_dossiers.asp

http://www.routard.com/contenu-dossier/cid132105-10-lieux-effrayants-dans-le-monde.html ou http://www.lonelyplanet.fr/article/tour-du-monde-des-lieux-les-plus-effrayants

Blog Info.tourisme.net : http://blog.infotourisme.net/top-10-des-iles-les-plus-effrayantes-du-monde/

 

Carnet de voyage audio-visuel et sonore :

Voyages de Sophie Massieu : Dans tes yeux, série documentaire diffusée sur Arte en 2012 : http://download.pro.arte.tv/uploads/Dans-tes-yeux_DDP.pdf

Pour revivre son expérience du voyage sur le site d’Arte TV : http://dans-tes-yeux.arte.tv/fr

 

CORPUS ETUDIE DE 83 OUVRAGES :

Argod, Pascale. Corpus mis en ligne sur le carnet de recherche intitulé Carnet de voyage – reportage. Hypotheses.org, Open-Edition, 2012-2016 : voir les rubriques Corpus, Outil de communication et Carnet de patrimoine. https://cdevoyage.hypotheses.org/

 

Auteur

Pascale Argod, Docteure en SIC, MICA (Médiation, Communication, Information, Art) de Bordeaux 3, PRCE, Université de Bordeaux 4