Les ilots ethniques touristiques

Rémy Tremblay
Professeur agrégé de géographie
Département des Sciences humaines, Lettres et Communications TÉLUQ
Université du Québec

Résumé

Dans cet article, nous montrons comment une destination touristique peut se transformer en un îlot ethnique touristique En s’inspirant de l’étude de cas des Québécois en Floride, nous proposons un modèle dans lequel nous explorons un processus, développé par le chercheur américain Dallen Timothy, reposant sur trois phases : l’adoption de la destination, la transformation de la destination en îlot ethnique touristique et le déclin de celle-ci.

Mots-clés: Tourisme, communauté transnationale, Floribec, Québécois en Floride

Introduction

Les rapports entre le tourisme et l’ethnicité font l’objet d’un nombre croissant d’études. Depuis une trentaine d’années, les chercheurs spécialistes de cet aspect particulier des études touristiques se sont surtout concentrés sur le tourisme ethnique, bien qu’un nombre croissant de chercheurs se penchent sur les activités touristiques découlant de groupes ethniques ayant exilés leur pays d’origine pour des raisons politiques majeures.

Le tourisme ethnique se réfère le plus souvent comme un type de tourisme dans lequel le visiteur, généralement originaire d’un pays industrialisé et à la recherche d’expériences exotiques, se rend dans un pays afin d’y passer un séjour dans un milieu habité par un groupe ethnoculturel soi-disant « ethnique » (Hitchcock, 2001; King, 1994; Ostrowski, 1991). Certain parmi ceux qui pratiquent cette forme de tourisme sont parfois qualifiés de « voyeuristes » vu leur comportement qualifié d’immoral à l’égard de leurs hôtes. On pense entre autres aux touristes qui visitent les aborigènes du « Outback » australien ou les Inuits de l’Arctique canadien.

Cependant, il est possible de prêter une définition différente au tourisme ethnique. En effet, les communautés ethniques situées dans les milieux urbains des pays occidentaux constituent, elles aussi, des lieux caractéristiques du tourisme ethnique. Pensons, par exemple, aux quartiers chinois de San Francisco ou italiens de New York. Encore une fois, ces communautés hautement médiatisées, sont souvent victimes de voyeuristes. Mais un nombre croissant de communautés ethniques plus récentes servent de lieux de rencontre et d’échanges entre les nouveaux arrivants et les visiteurs du pays d’origine. Les communautés haïtiennes de Montréal et de Miami et les dizaines de communautés mexicaines des États-Unis illustrent parfaitement ce que Peggy Levitt appelle des « communautés transnationales ». Comme elle l’indique (2001, 3) :

« Once we rethink the boundaries of social life, it becomes clear that the incorporation of individuals into nation-states and transnational connections are not contradictory social processes. Simultaniety is a possibility that needs to be theorized and explored. Rather than viewing migration as a one-way process, increasing numbers of scholars now recognize that migrants simultaneously live aspects of their lives in their sending countries at the same time that they are incorporated into the countries that receive them. Migrant incorporation into a new land and transnational connections to a homeland or to dispersed networks of family, compatriots, or persons who share a religious or ethnic identity can occur at the same time and reinforced each other ».

Si les mécanismes socioculturels des communautés transnationales semblent avoir été cernées, ceux relatifs à son rôle touristique demeurent moins connus. Le but de cet article vise justement à lever le voile sur les dimensions touristiques de la communauté transnationale. En s’inspirant d’une étude de cas des Québécois dans le sud-est de la Floride, nous proposerons un modèle permettant d’illustrer la dynamique qui est la base de la transformation d’une destination touristique de masse en une communauté touristique transnationale.

Les Québécois sur la côte sud-est de la Floride[1]

Tandis que les ouvrages sur l’Amérique française abondent, les travaux portant sur la présence québécoise en Floride sont quasi inexistants. Rémy Tremblay est un des rares à avoir écrit sur ce sujet (entre autres Tremblay 2006, 2015).

D’emblé, ce que nous appellerons ici « Floribec » se réfère à l’espace des migrants et touristes du Québec, dont la majorité appartenant à la classe ouvrière et dont les activités économiques et la vie quotidienne sont principalement orientées vers le tourisme de langue française et de culture québécoise. L’espace assez flou de Floribec s’étend sur près de 5 km dans les villes d’Hollywood, de Dania et de Hallandale, lesquelles se situent en banlieue Est de la région métropolitaine de Miami. D’après nos recherches sur le terrain (Tremblay, 2001), c’est dans ces trois villes que se situe la majorité des commerces offrant des produits et services destinés aux immigrants et aux touristes québécois.

Rappelons qu’au Québec, le Sud n’existe pas ! Le géographe québécois Christian Morissonneau a cerné cette réalité en 1983 en faisant remarquer que le consensus populaire des Québécois sur le Sud se faisait autour d’une région à l’extérieur des frontières étatiques, mais dans le même fuseau horaire : Miami et la Floride. En fait, entre 1980 et 2010, la population francophone de la Floride a presque quadruplé (augmentation de 180%). Puis, de 195 000 en 1990, elle atteignit 337 000 20 ans plus tard. Cette progression démographique rapide a donné lieu à la création, dans le sud de la Floride, d’un nouveau toponyme, le Floribec[2].

Communauté ethnique canadienne-française qui se crée à partir du tourisme, son histoire n’a pas encore été écrite. Selon Tremblay (2006), les Canadiens français auraient commencé à immigrer en Floride dans les années 1930. Cette immigration s’inscrivait dans le sillage des investissements du gouvernement des États-Unis qui, à l’époque de la crise économique de 1929, entreprenait la canalisation des marais du sud-est de la Floride, et surtout l’ouverture sur des centaines de kilomètres du grand canal navigable, le Intercoastal Waterway. En même temps et du même coup, le gouvernement cherchait à développer l’infrastructure touristique. Des milliers d’Américains se sont rendus dans l’État du soleil pour travailler sur ce grand chantier de construction, y compris des Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre, dont certains étaient accompagnés de leurs cousins Canadiens français. Une fois les travaux de construction terminés, au lieu de rentrer au pays froid, plusieurs travailleurs d’origine canadienne-française s’établirent en permanence dans la région de Miami, plus précisément à Surfside, sur les rives de l’océan Atlantique, ainsi qu’à North Miami. Après la Deuxième Guerre mondiale, on comptait 67 000 familles canadiennes-françaises et franco-américaines dans l’État de la Floride (Tremblay, 2006). Ces nouveaux résidents permanents de Surfside, de North Miami ainsi que de Sunny Isles ont généralement trouvé des emplois dans l’industrie touristique puisque la Floride, et en particulier Miami, misait sur cette industrie et un nombre croissant de Canadiens français fortunés se rendaient dans cet État. La première vague de migration massive de Québécois vers la Floride du Sud eut lieu dès la fin de la guerre et se maintint jusqu’en 1960, établissant ainsi la Floride comme nouvelle destination choyée de ce peuple depuis toujours en mouvance.

La période de 1960 à 1970 a donné lieu à une seconde vague de migration québécoise vers la région de Miami et un nouveau type de migrant : l’investisseur. À l’origine de ce nouvel essor, au moins trois facteurs : 1) l’effet libérateur de la Révolution tranquille au Québec, 2) à la création de richesse au Québec et, 3) la possibilité pour les Québécois de choisir des loisirs plus variés. La coïncidence de ces trois phénomènes aurait favorisé une plus grande ouverture sur le monde de la part des Québécois.

Par ailleurs, l’industrie du tourisme s’est développé rapidement avec l’apparition des gros porteurs aériens, la construction du système d’autoroutes aux États-Unis et le déplacement du Nord vers le Sud du pouvoir économique et politique du pays amorçant une croissance phénoménale des villes du Sun Belt, dont Miami. Miami Beach et ses banlieues voisines de Surfside et Sunny Isles sont devenus les centres balnéaires privilégiés des Québécois. Les Floribécois y voyaient leur intérêt et commençaient à faire des affaires s’adressant, pour l’essentiel, aux touristes québécois. Les entrepreneurs construisirent surtout des motels, des restaurants, des bars et des dépanneurs qui répondaient à de réels besoins en offrant aux touristes québécois les services de base en français (informations, alimentation, habitation, etc.). Vers 1970, la plupart de ces commerçants se sont installés à Surfside et Sunny Isles, notamment le long l’avenue Collins, à moins d’un kilomètre de la plage, augmentant ainsi l’achalandage et atténuant le dépaysement culturel du client. La destination touristique préférée des Québécois devint abordable financièrement et, sur le plan ethnolinguistique, la langue ne fut plus un obstacle.

Au cours des années 1980, la communauté floribécoise de Surfside et de Sunny Isles se déplace car, comme dans les années mafieuses de 1920-1930, Miami est devenue l’un des centres internationaux des combines de la drogue en plus d’être le théâtre d’importants conflits raciaux (Figure 1). La ville atteindra le statut de capitale latino-américaine, non seulement parce que devenue plaque tournante de l’Amérique latine avec une centaine de banques latino-américaines, mais aussi parce qu’elle attire, dans son centre, des centaines de milliers de Cubains, de Nicaraguayens, de Colombiens et d’autres. Cet afflux permanent de migrants entraîne un exode majeur des WASP[3] d’origine américaine vers les comtés voisins de Broward et de Palm Beach situés au nord de Dade, laissant toute la place aux Hispaniques. Les touristes, incluant les Québécois, de même que les Floribécois établis, suivent les résidents blancs anglophones.

Figure 1. Le déplacement vers le Nord de Floribec

Figure 1. Le déplacement vers le Nord de Floribec

Au début des années 1990, les espaces floribécois de Surfside et de Sunny Isles ont, à toute fin utile, disparu. Les petits hôtels, motels et vieux édifices sans cachet architectural particulier, où se maintenaient bon nombre de Québécois, ont été rasés, remplacés par de luxueuses tours à condominiums s’élevant jusqu’à 30 étages, et souvent la propriété de Russes, de Colombiens…et bien sûr de Canadiens.

Depuis le tournant du XXIe siècle, le Floribec a changé de manière dramatique. Certes, les touristes québécois fréquentent toujours le sud-est de la Floride, mais la vie quotidienne en français et la culture québécoise ne dominent plus le paysage du discrict des affaires récréationnelles de l’espace floribécois de Hollywood (DAR) (Figure 2). En vérité, l’espace floribécois se rétrécit et la communauté s’essouffle. Trois facteurs pourraient être à l’origine de cet effritement : 1) les pressions engendrées par l’étalement urbain persistant de Miami, 2) l’image négative des Floribécois aux yeux des instances politiques locales, 3) la concurrence touristique commerciale.

Figure 2. Le DAR floribécois

Figure 2. Le DAR floribécois

L’acquisition et la démolition des motels floribécois par de riches promoteurs immobiliers locaux et latino-américains ne s’est pas limitée aux villes de Surfside et de Sunny Iles. Faute de terrains disponibles, le mouvement s’étend maintenant jusqu’à Hollywood. À titre d’exemple, un immense complexe hôtelier de luxe a été construit à quelques kilomètres à peine du Broadwalk, lui-même en réfection et l’on a démoli des motels floribécois situés sur la plage de Hollywood pour y ériger des condominiums de luxe.

Fort Lauderdale, juste au nord de Hollywood, est-elle aussi une ville en pleine effervescence, et sur ses plages ont surgi, depuis deux ans, quelques-uns des plus luxueux ensembles de condominiums de la Floride. Hollywood est donc confronté au phénomène d’urbanisation en hauteur qu’elle ne pourra contrer.

Puisque les affaires périclitent à cause des fermetures et de la démolition de commerces et de motels floribécois, les Floribécois se dispersent dans les motels et dans les parcs de maisons mobiles du comté de Broward. La firme Desjardins Bank en Floride et la Banque nationale du Canada sont toujours présentes, mais il serait illusoire de prétendre que ces institutions financières se maintiennent dans la région dans le seul but de rendre service à leur clientèle francophone !

La classe socioprofessionnelle à laquelle appartiennent les Floribécois indispose la mairie de Hollywood. En termes strictement économiques (dépenses quotidiennes, taxes foncières, etc.), elle n’a aucun intérêt à encourager les Floribécois de rester sur son territoire. De plus, l’image caricaturale des Floribécois véhiculée par le cinéma québécois et les médias locaux n’a rien pour rassurer les édiles municipaux. Si, dans les années 1980, la Ville de Hollywood appréciait les retombées économiques des francophones, aujourd’hui elle pense que les Floribécois peuvent ternir son image et qu’elle aurait intérêt à emboîter le pas des municipalités voisines qui se réorientent vers une élite touristique. En fait, la Ville a déjà posé un premier geste en démolissant une des plus importantes institutions du Floribec, Frenchie’s Café, situé au coin du Broadwalk et de la rue Johnson, de même que les petits commerces adjacents. Depuis, l’ambiance floribécoise si chère aux touristes est, à toute fin utile, disparue. Certes, il y a toujours de nombreux touristes québécois sur la plage, mais ils y ont accès à de très peu de services en français, ce qui n’était pas le cas il y a à peine 5 ans

Le seul moment où les Floribécois occupent encore massivement ce coin de pays sub-tropical survient en janvier, lors du CanadaFest, événement festivalier annuel regroupant sur le Broadwalk des commerçants floribécois et des chanteurs du Québec ; cette manifestation culturelle attire bon an mal environ 100 000 visiteurs. Les leaders économiques floribécois ont sans doute compris le message de la mairie et, même si certains prétendent que tout va bien au Floribec, la majorité doit se rendre à l’évidence que ses jours sont comptés.

Le troisième facteur qui contribue au déclin du Floribec est la multiplication des destinations touristiques à prix abordables. Compte tenu que les inconditionnels de la Floride préfèrent nettement des températures ambiantes de 25 °C ou plus, les Antilles, les Caraïbes et le Mexique font tort à l’économie du Floribec. Ce n’est pas pour rien que Le Soleil de la Floride, mensuel fondé en 1983, ne cesse de publiciser les mérites du Sunshine State, insistant sur la familiarité et la sécurité. Force est de constater que les habitués du soleil, surtout pour les voyageurs, solitaires ou en couple, qui n’entendent aucunement se déplacer en automobile se laissent tenter par la République dominicaine, Cuba ou le Mexique. Les vols directs en partance de Montréal et de Québec vers Cancun, Punta Cana, Varadero, ou d’autres destinations encore, se multiplient rapidement pour répondre à la demande, d’autant plus qu’un séjour dans ces régions tropicales et exotiques s’avère souvent moins dispendieux qu’un séjour prolongé en Floride.

Modéliser le tourisme ethnique

Le géographe américain Dallen Timothy (2002) a proposé un modèle intitulé « Urban Ethnic Islands Created by Tourism » (Figure 3). Ce modèle, inspiré des études de Timothy dans la Petite Finlande à Lake Worth-Lantana, en Floride, montre que les îlots ethniques en milieu urbain issu du tourisme (Tourism-Created Urban Ethnic Islands) sont soit le produit de l’immigration, tel qu’évoqué par Peggy Levitt et par sa propre étude, soit le résultat du tourisme de masse, comme c’est le cas des études de cas décrites plus haut. Bien que le modèle est appliqué à l’espace urbain (de banlieue), rien ne nous empêche de croire qu’il pourrait se prêter, par exemple, au milieu rural.

Figure 3. Îlots ethniques en milieu urbain issu du tourisme: deux scénarios

Figure 3. Îlots ethniques en milieu urbain issu du tourisme: deux scénarios

La figure 3 ci-dessous illustre la réflexion de Timothy. Dans ce modèle deux scénarios sont possibles, mais ils conduisent vers un même résultat (deuxième étape): l’émergence de ce que l’auteur appelle un îlot ethnique en milieu urbain créé par le tourisme, communauté ethnique touristique disposant de loisirs et de services suffisant pour que leur quotidien se déroule dans leur langue et dont lesquels sont perceptibles dans le paysage bâti. La première étape des scénarios A et B divergent selon qu’il s’agisse d’une enclave ethnique ou touristique, mais tous deux se développeront en un îlot ethnique en milieu urbain créé par le tourisme. Dans le cas du scénario A, la première étape se réfère au processus connu de mise en place d’une communauté ethnique tandis que dans le scénario B, cette étape initiale illustre l’évolution d’une destination touristique visitée par un groupe ethnolinguistique étranger à la société d’accueil à partir de l’arrivée massive des touristes jusqu’au « marquage géosymbolique » de l’espace adopté par ces derniers.

 

Figure 4. Genèse de la communauté ethnolingistique touristique de Floribec

Figure 4. Genèse de la communauté ethnolingistique touristique de Floribec

Même s’il ne s’agit d’un modèle relativement statique et qu’il ne peut représenter avec exactitude toutes les nuances de l’évolution ethnotouristique de Floribec. Nous considérons que le scénario B s’y rapproche de très près. Cependant, les deux scénarios ne tiennent pas compte d’un aspect fondamental auquel le géographe Richard Butler s’était attardé : le cycle et de vie et le déclin possible des destinations touristiques (Butler, 1980). Comme nous l’avons mentionné, la communauté floribécoise est sur le point de disparaître. Nous aimerions donc proposer une troisième étape au scénario B du modèle de Timothy : celle du déclin (Figure 4). Notons que nous préférons se référer à la « communauté » plutôt qu’à l’« îlot », tel que le fait Tomothy puisque ce concept nous semble mieux renfermer les dimensions sociales et spatiales qui unissent les groupes en milieux touristiques (Tremblay, 2006).

Puisqu’un certain pattern d’« insularisation » des communautés issues du tourisme semble exister, nous aimerions proposer notre propre modèle exploratoire que nous conviendrons d’appeler « mise en communauté d’une destination touristique» (Figure 5). Ce modèle compte trois étapes. La première se réfère à l’adoption d’une destination touristique, assez délimitée dans l’espace (ville, banlieue, village, etc.) par un groupe ethnolinguistique (bien qu’il pourrait s’agir de race, d’ethnie ou de langue seulement) distinct de celui du pays ou de la région hôte (transnational ou non). Deuxièmement, une transformation s’établit. Il ne s’agit plus simplement d’une destination touristique de masse, mais bien d’une communauté ethnolinguistique dont l’économie et la vie quotidienne dépendent de rapports étroits et constants avec le pays d’origine (touristes, migrants et NTIC). En troisième lieu, il y a une phase de déclin. Les motifs peuvent être très variés tout comme les effets. Certaines communautés touristiques peuvent ne pas subir de déclin. Néanmoins, l’expansion ne peut être continue et il y aura nécessairement stagnation, décroissance économique, modification du style de vie et (loisirs et services) et/ou déplacement dans l’espace de la communauté.

Figure 5. Mise en communauté d’une destination touristique

Figure 5. Mise en communauté d’une destination touristique

Conclusion

Il va sans dire que tout modèle ne colle pas totalement à la réalité et qu’il demeure perfectible. Cependant, nous croyons que le modèle suggéré, inspiré de celui de Timothy, constituera un outil non négligeable pour comprendre dans une perspective touristique les comportements sociospatiaux et migratoires d’autres groupes similaires au nôtre et aussi de ceux des réfugiés politiques et des groupes marginalisés et ségrégués. Le modèle pourrait également éclairer sur les réseaux sociaux et services relativement à la migration touristique des Occidentaux dans les pays en voie de développement et du tiers-monde.

[1] Le but ici n’est pas de tracer un profil détaillé de la communauté transnationale touristique québécoise en Floride.

[2] En utilisant le recensement des États-Unis, il est impossible de distinguer entre francophone et créolophone. En 2010, comme en 1990, les deux tiers des « francophones » de la Floride habitaient les trois comtés de Dade, Broward et Palm Beach. Fait inusité, les gens qui adoptent le Floribec se rendent peu sur la côte Ouest de la Floride, jugeant qu’il y fait trop froid. Aussi, les visiteurs du Québec qui séjournent dans les autres régions de la Floride, ne fréquentent pas beaucoup le Floribec n’appréciant guère l’« environnement social » des Floribécois.

[3] White Anglo-Saxon Protestants.

Références bibliographiques

Butler, R., ”The Concept of a Tourist Area Cycle of Evolution”, Canadian Geographer, 24(1), 1980, pages 5-12.

Conforti, J.M., “Ghettos As Tourists Attractions “, Annals of Tourism Research, 23(4), 1996, pages 830-842

Hitchcock, M., “Anthropological Reflects on the Study of Tourism, in G, Wall (dir.), Contemporary perspectives on Tourism, Occasional Paper Number 17, University of Waterloo, 2001, pages 109-128.

King, B., “What is Ethnic Tourism? An Australian Perspective”, Tourism Management, 15(3), 1994, pages 173-176.

Levitt, P., “ The Transnational Villagers“, University of California Press, 2001, 421 pages.

Ostrowski, S., “Ethnic Tourism : Focus on Poland“, Tourism Management, 12(2), 1991, pages 125-131.

Timothy, D., “Tourism and the Growth of Tourism Ethnic Islands, in M. Hall and A. Williams (dir.), Tourism Migration, Londres, Routledge, 2002, page 140.

Tremblay, R., “Floribec : Espace et communauté“, Presses de l’Université d’Ottawa, 2006, 247 pages.

Tremblay, R., Les touristes québécois en Floride : un phénomène socioculturel/Quebec Tourists in Florida : A Cultural Phenomenon, 2015, (en ligne) Via : Revue interdisciplinaire de tourisme, 2. http://www.viatourismreview.net/Photographie6.php